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Les États-Unis d'Amérique

Venez découvrir l'Histoire des États-Unis d'Amérique: géographie, villes, économie, culture, gastronomie, sports...

Boeing E-3

(E-3 AWACS en vol, photo de Robert Sullivan, 26/11/2002, www.flickr.com)

(E-3 AWACS en vol, photo de Robert Sullivan, 26/11/2002, www.flickr.com)

Présenté comme le maillon essentiel du combat aérien moderne, l’avion de guet aérien, de commandement et de contrôle aéroporté Boeing E-3 AWACS (Airborne Warning and Control System) est entré en service dans l'US Air Force au cœur de la guerre Froide, au moment où l’Occident craignait une offensive aérienne et terrestre provenant d’Union Soviétique.

Successeur des premiers appareils de veille aérienne, nés à la fin de la seconde guerre mondiale, et des appareils engagés au Vietnam, l’E-3 AWACS a bénéficié des progrès des années soixante : amélioration des performances des radars et miniaturisation des ordinateurs. Il ne fallut pas longtemps aux stratèges de l’Air Force pour décider d’associer ces deux nouvelles technologies, afin de réaliser un avion capable de localiser les appareils ennemis, et de guider les chasseurs amis vers eux, avant que l’assaut adverse n’atteigne les lignes amies, cette anticipation permettant d’éviter de placer le dispositif à portée de tir de l’adversaire.

En 1965, l’US Air Force lança un programme de ce type, auquel Boeing répondit avec la cellule d’un B707, surmontée par un radar rotatif placé sous radôme ; en 1970, l’USAF passa commande pour 2 prototypes des nouveaux radars de veille aérienne, et Boeing fut chargé des essais. En 1972, le choix se porta sur le système radar Westinghouse APY-1, et 4 appareils furent sélectionnés afin de mener des tests de validation (tous étaient dérivés du B-707) ; la première phase de tests de l’E-3 de série débuta en octobre 1975 dans l’USAF, qui retint une formule à 4 réacteurs, par mesure d’économie, par rapport aux 8 prévus.

C’est en mars 1977 que l’E-3 AWACS arriva en unité, auprès du 552nd Airborne Warning and Control Wing de Tinker (Oklahoma), le 34ème et dernier appareil étant livré à l’Air Force en 1984 ; le parc actuel compte 31 appareils, dont 4 sont affectés à la zone Pacifique (2 au Japon, 2 en Alaska), le dernier demeurant auprès de Boeing pour des tests et divers développements.

L’US Air Force a employé massivement cet appareil lors de l’offensive aérienne alliée contre l’Irak, en 1991, où 14 E-3 AWACS furent engagés, permettant de repérer, identifier et poursuivre les appareils irakiens, et de guider les chasseurs amis pur anéantir l’ennemi (38 des 41 victoires aériennes) ; en dehors des Etats-Unis, l’Arabie Saoudite s’est équipée de l’avion (5 exemplaires), ainsi que la France (4), le Royaume-Uni (7) et l’OTAN (18).

Le théâtre des Balkans (1995-1999) a également été l’occasion de déployer l’avion, ainsi que lors des opérations au-dessus de l’Afghanistan (2001), de l’Irak (2002), de la Libye (2011), mais aussi près de la Syrie (2014).

Régulièrement modernisé par l’Air Force, l’E-3 AWACS devrait demeurer en service dans le parc aérien de nombreuses années encore, au cours desquelles il constituera un atout majeur pour l’armée de l’air des Etats- Unis.  

Caractéristiques

Basé sur la cellule du Boeing B-707, l’E-3 AWACS mesure 46.61 mètres de long, 12.60 mètres de haut et a une envergure de 44.42 mètres ; à vide, il pèse 73.48 tonnes, pour une masse maximale au décollage de 157.39 tonnes.

La motorisation est assurée par 4 turboréacteurs Pratt & Whitney TF-33-PW-100A, propulsant l’avion à la vitesse maximale de 855 Km/h, et autorisant une autonomie de 7400 kilomètres, représentant entre 8 et 11 heures de vol ; l’E-3 AWACS est aussi ravitaillable en vol, grâce à un réceptacle placé au-dessus du cockpit. 

L’équipage compte 4 personnels de vol, et de 13 à 19 spécialistes, installés devant des consoles (14), sur lesquelles sont affichées l’ensemble des données relatives à la mission en cours, sur une portée de 370 kilomètres : identification des appareils, trajectoire de vol, trajectoire d’interception, interprétation des données électroniques adverses, identification des radars au sol, cartographie des menaces en temps réel...

La cabine placée à l’arrière du poste de pilotage accueille 1 responsable des opérations, 3 contrôleurs radar, 3 opérateurs des systèmes de surveillance, 1 servant des transmissions, 1 opérateur des systèmes de guerre électronique, et 1 responsable de l’ensemble des systèmes ; une zone de repos est installée derrière cette section, et dispose d’une cuisine, de toilettes et de couchettes, pour permettre des rotations d’effectifs.

L’élément le plus visible sur l’E-3 AWACS est son radôme rotatif, placé sur son dos, et qui accueille le puissant radar Westinghouse AN/APY-1 ou APY-2, d’un diamètre de 9 mètres, pour 2 mètres de hauteur, perché sur 2 pivots hauts de 3.35 mètres ; il effectue une rotation de 6° par minute, ses émissions électromagnétiques étant simultanément orientées vers le haut et vers le bas. Lorsqu’il évolue à 9000 mètres d’altitude, ce radar peut repérer des avions en vol rasant à une distance de 450 kilomètres, et même détecter des concentrations de véhicules au sol (chars, blindés, artillerie lourde, D.C.A), ou des navires en mer ; cette capacité de repérer l’ennemi permet de prendre les mesures nécessaires à sa neutralisation, où à sa destruction, tout en conservant l’initiative au combat.

Véritable « œil du ciel », il dispense les intercepteurs amis d’utiliser leurs propres radars, qui peuvent être détectés, et leur fournit toutes les informations indispensables ; en outre, dans l’hypothèse d’un conflit majeur, il peut être escorté de chasseurs de protection, ou équipé de missiles antiaériens et de leurres, voire même la totalité de ces mesures, tant son rôle est crucial. 

(E-3 AWACS en maintenance au sol, Tinker AFB, OK, photo de Tech Sgt Arian Nead, USAF, 05/01/2012, www.flickr.com)

(E-3 AWACS en maintenance au sol, Tinker AFB, OK, photo de Tech Sgt Arian Nead, USAF, 05/01/2012, www.flickr.com)

(E-3 AWACS à Lajes, Açores, photo de Tech Sgt TChyrece Campbell, USAF, 11/04/2011, wikipedia)

(E-3 AWACS à Lajes, Açores, photo de Tech Sgt TChyrece Campbell, USAF, 11/04/2011, wikipedia)

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