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Les États-Unis d'Amérique

Venez découvrir l'Histoire des États-Unis d'Amérique: géographie, villes, économie, culture, gastronomie...

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La bataille de la baie de Chesapeake

(Peinture de V. Zveg, US Navy Employee, www.history.navy.mil, wikipedia)

(Peinture de V. Zveg, US Navy Employee, www.history.navy.mil, wikipedia)

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Affrontement naval décisif dans la guerre d'Indépendance des États-Unis, la bataille navale de la baie de Chesapeake, entre les provinces de Virginie et du Maryland, a vu la flotte française vaincre sa rivale de toujours, la Royal Navy.

Au début de l'année 1781, les loyalistes et les Patriotes rassemblaient des forces dans la colonie de Virginie, où les forces britanniques, menées par Charles Cornwallis, ont rencontré des difficultés de communication avec leur commandant en chef, le général Sir Henry Clinton, qui leur a finalement ordonné de fortifier un port en eau profonde, dans l'éventualité de recevoir des renforts en troupes et en matériel pour tenir la position.

Peu avant, en mai, le général George Washington et le comte de Rochambeau, très précieux allié français arrivé courant 1780 dans le Rhode Island avec l' "Expédition particulière" (5000 soldats et 36 navires de transport, plus 13 escorteurs), ont commencé à élaborer leur stratégie contre les britanniques. Étudiant la possibilité d'attaquer l'ennemi à New York City, sa principale base, ou bien ses forces basées en Virginie, Washington et Rochambeau ont convenu qu'il était vital d'avoir un soutien naval. 

Il a donc été décidé d'envoyer discrètement un navire rencontrer l'amiral de Grasse dans les Antilles, afin de mettre en place une stratégie et de demander son assistance. Dans un courrier adressé à de Grasse, Rochambeau exprimait sa préférence pour une attaque contre la Virginie. 

Cornwallis de son côté a choisi de faire fortifier la petite ville de Yorktown, courant juillet, pour contrôler la stratégique baie de Chesapeake, également très convoitée par les rebelles. 

Durant l'été 1781, le célèbre amiral de Grasse se trouvait dans la colonie française de Saint-Domingue (actuelle Haïti) dans les Caraïbes et il devait prendre la tête d'une énorme convoi de navires marchands chargés de sucre, d'épices, de cacao et d'indigo à destination du royaume de France, avec une solide escorte de 24 navires de guerre. Au lieu d'accompagner cette flotte, de Grasse a décidé d'appareiller le 15 août à destination de la baie de Chesapeake, avec 28 navires et 3200 hommes, avec l'espoir de n'être pas repéré en prenant un itinéraire moins direct. 

Pour tromper l'adversaire, Washington et Rochambeau ont envoyé quelques troupes franchir l'Hudson River pour simuler une menace d'attaque contre New York, mais aussi empêcher l'arrivée de renforts terrestres. 

L'amiral britannique Hood a été informé du départ de l'amiral français de Grasse et a lancé sa flotte vers les Antilles, afin d'intercepter l'ennemi et il a atteint la baie de Chesapeake le 28 août, mais celle-ci était déserte, lui faisant penser que les français étaient en retard ou en route vers le Nord et la stratégique New York City. En Réalité, de Grasse se trouvait derrière Hood et a pu atteindre la baie de Chesapeake le 30 août, débarquant des troupes pour soutenir les Patriotes et les français face à Yorktown, malgré la réticence de Washington. 

A l'arrivée de la flotte, 2 petites frégates britanniques patrouillaient dans la baie et ont été piégées par la flotte française, empêchant l'ennemi de connaître la taille de la force adverse. L'amiral de Grasse savait que son collègue le comte de Barras disposait d'une flotte à New port (Rhode Island) et de dernier a appareillé le 27 août avec 8 navires de guerre et 18 de transport. Pour éviter toute rencontre avec la flotte britannique, Barras a choisi un itinéraire détourné, mais la découverte de son départ par les britanniques leur a confirmé que la baie de Chesapeake était probablement la cible des français. 

L'amiral britannique Thomas Grave a donc pris le commandement d'une flotte de 19 navires, dont une partie était en mauvaises conditions, et a fait route vers la baie. 

Finalement, le 5 septembre 1781, les premiers navires français et britannique se sont aperçus aux environs de 9h30, mais ont chacun sous-estimé la taille de la flotte adverse, amenant chaque commandant à penser que la flotte qu'il voyait était celle de Barras. Quand les tailles réelles des flottes ont été précisées, Thomas Graves a supposé que les flottes de de Grasse et Barras s'étaient rejointes et préparées à la bataille. 

De Grasse avait détaché quelques navires plus haut dans la baie, pour contrôler les rivières York et James, tandis qu'une partie des équipages des autres navires était à terre le long de la baie. Vers 11h30, de Grasse a ordonné à ses navires de lever l'ancre, malgré l'absence de nombreux membres d'équipages, et de créer une ligne de vitesse et de défense étendue, mais potentiellement vulnérable à une attaque britannique. L'amiral Louis de Bougainville était le plus à l'avant de la formation, avec une force de 4 navires.

Vers 14 heures, après de nombreuses manœuvres, les navires étaient à portée de tir et ont entamé le combat, les français bénéficiant d'un vent porteur facilitant les tirs : plus nombreux, en meilleur état et mieux armés, les vaisseaux français ont visé les mâts des navires ennemis pour les endommager ou les détruire et immobiliser la flotte adverse. 

Vers 17h, l'amiral de Grasse a rompu le combat et filé vers le large, tandis que Bougainville était encore engagé ; dans la nuit du 5 au 6 septembre, les amiraux britanniques Hood et Drake se sont réunis pour planifier les réparations à faire et mettre en place une stratégie pour d'éventuels nouveaux affrontements. De son côté, Graves avait pris conscience de l'étendue des dégâts et de l'impossibilité de combattre le lendemain ; alors que Hood proposait que la flotte retourne dans la baie, Graves a ordonné qu'elle poursuive vers le Nord-Est, au large. 

Poursuivis par les français les 8 et 9 septembre, les britanniques ont continué vers le Nord-Est, tandis que de Grasse ordonnait à sa flotte de retourner dans la baie de Chesapeake, le 9 septembre. Arrivée le 12 septembre, l'escadre française a rejoint celle de Barras, arrivée depuis le 7 septembre.

Graves a été informé du retour des français dans la baie le 13, mais conscient de son incapacité à combattre à nouveau, il a continué sa route vers le port de New York, pour réaliser des réparations. 

La bataille navale a vu la flotte française, disposant de 1794 canons, vaincre sa rivale britannique, qui totalisait 1410 canons, causant la mort de 82 marins britanniques et faisant 232 blessés, avec 5 navires endommagés et 1 sabordé. La Marine Royale française de son côté a déploré la perte d'au moins 10 marins et près de 200 blessés, avec 2 navires endommagés.

Catastrophique pour les britanniques, cette défaite a empêché Cornwallis, retranché à Yorktown, de recevoir des renforts ou de pouvoir évacuer par la mer, conduisant à sa reddition le 19 octobre 1781, portant un coup fatal à la mainmise britannique sur les anciennes colonies et facilitant la victoire finale américaine. 

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