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Les États-Unis d'Amérique

Venez découvrir l'Histoire des États-Unis d'Amérique: géographie, villes, économie, culture, gastronomie...

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Le siège de Charleston (1780)

(Peinture du siège de Charleston, Alonzo Chappel, 1862, www.library.brown.edu)

(Peinture du siège de Charleston, Alonzo Chappel, 1862, www.library.brown.edu)

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Très importante bataille de la guerre d'indépendance américaine, le siège de Charles Town (future Charleston, capitale d'État) dans la colonie royale de Caroline du Sud a vu les britanniques changer de stratégie face aux Patriotes. 

En effet, après leur défaite durant les batailles de Saratoga (Province du New York) vers fin 1777 et après avoir été contraints d'évacuer Philadelphie, capitale rebelle, en juillet 1778, les stratèges britanniques ont axé l'effort militaire contre les colonies du Sud afin de reprendre l'avantage à partir de 1779.

Persuadés qu'un sentiment royaliste profond était plus répandu dans les colonies du Sud, où les marchands et les grands planteurs commerçaient davantage avec le Royaume-Uni, les britanniques espéraient que les loyalistes se rallieraient à leur cause et aideraient à attaquer les colonies du Nord. 

A partir d'octobre 1779, le commandant en chef britannique en Amérique du Nord Sir Henry Clinton, a fait évacuer ses troupes de Newport (colonie du Rhode Island), tout en laissant les troupes substancielles de New York sous l'autorité du hessois Wilhelm von Knyphausen, et a rassemblé de vastes forces qui ont appareillé en décembre 1779, direction le Sud, le lendemain de Noël. 

Côté rebelle, la flotte présente sur la Cooper River, à proximité de la ville, comprenait 4 frégates, rejointes par 4 autres navires de Caroline du Sud et par 2 navires français. Conscient de la vulnérabilité de Charles Town, le gouverneur colonial Rutledge, allié des insurgés, a fait creuser des fossés par 600 esclaves des plantations voisines, pour en faire des douves renforcées par des fortifications et des redoutes, dont une en pierre, le tout armé par 66 canons. La partie Sud de la ville, donnant sur les rivières, a été fortifiée et abritait 60 canons. 

Sur l'Ashley River, les rebelles ont bâti 6 redoutes, armées de 4 à 9 canons chacune, et sur la Cooper River, 7 redoutes ont été construites, accueillant de 3 à 7 canons chacune. 

Côté britannique, aidépar son second le général Charles Cornwallis, Clinton a pris la tête d'une flotte de 14 navires de guerre et 90 navires de transport, embarquant 5000 marins et 8500 soldats ; après avoir affronté des tempêtes, la flotte britannique a jeté l'ancre dans la Savannah River, qui sépare la colonie de Géorgie de celle de Caroline du Sud, en date du 1er février 1780. 

Poursuivant leur périple, les britanniques ont mis à terre leurs troupes le 12 février à environ 50 kilomètres au Sud de Charleston, sur Simmons Island, une île barrière, puis après avoir repris leur progression, les britanniques ont traversé la Stono River, atteignant James Island, se rapprochant davantage de la cité rebelle. Le 10 mars, les troupes de Cornwallis étaient sur le continent, puis ont atteint le 22 mars la plantation de Middleton Place, où plusieurs centaines de soldats sont restés pour préparer le futur siège de Charles Town. Le 29 mars, profitant du couvert du brouillard, les forces britanniques ont atteint l'Ashley River, immédiatement à l'Ouest de leur objectif.  

Conscients de l'arrivée des britanniques et de leur vulnérabilité fluviale, les rebelles ont fait couler plusieurs de leurs navires à l'embouchure de la Cooper River, pour créer des obstacles contre les navires ennemis et les empêcher d'approcher davantage. Les canons de bateaux ont été récupérés par les Patriotes avant leur sabordage.

Charles Town abritait 800 soldats continentaux des Carolines, 400 de Virginie, 380 légionnaires de Pulaski, 2000 miliciens des Carolines, ainsi que 700 continentaux de Caroline du Nord envoyés par George Washington et arrivés le 3 mars, puis rejoints par 750 continentaux de Virginie le 6 avril. Le gouverneur colonial John Rutledge, rallié à la cause des rebelles, a écrit aux autorités espagnoles à La Havane (à Cuba), dans l'espoir d'obtenir l'aide des navires et des troupes espagnols, mais ces derniers ont refusé. 

(Carte du siège, image www.revolutionarywar.us)

(Carte du siège, image www.revolutionarywar.us)

Pour couper la ville de tout soutien, Sir Henry Clinton a fait creuser des tranchées et édifier des fortifications en terre, et le siège a commencé le 29 mars ; le 8 avril, des navires britanniques ont jeté l'ancre dans l'estuaire entre James Island et Charles Town, retirant une partie de leurs canons au profit des batteries terrestres et dès le 10 avril, les canons étaient prêts à ouvrir le feu sur la ville. 

Le 13 avril a vu le gouverneur colonial Patriote John Rutledge, natif de Charles Town, fuir la ville qui n'était alors occupée que par 5030 insurgés et subissait un début d'épidéme de variole : le même jour, après lerefus du général Benjamin Lincoln de se rendre, Cornwallis a ouvert le feu sur la cité, poursuivant les tirs jusqu'à minuit, incendiant plusieurs parties de Charles Town. 

Dès le lendemain, Lincoln a réuni ses officiers pour débattre de la situation, qu'il jugeait désespérée et envisageait de quitter la ville et le général Lachlan McIntosh a pressé Lincoln d'évacuer les troupes par la Cooper River, mais Lincoln a préféré attendre. 

Le 14 avril, un assaut de la cavalerie britannique a surpris les forces rebelles à Monk's Corner, qui ont été vaincues, capturant des chevaux et des fournitures des insurgés. Arrivés à moins de 10 kilomètres de Charles Town, au niveau de la Cooper River, les britanniques ont ainsi coupé toute retraite possible pour les insurgés. 

Une nouvelle attaque britannique a eu lieu le 19 avril, avec le creusement de nouvelles tranchée sencore plus proches des lignes des Patriotes ; face à cette situation, Lincoln a convoqué un nouveau conseil de guerre, en présence du lieutenant-gouverneur Gadsden, et a proposé comme alternatives l'abandon de la ville et l'évacuation des forces, ou une reddition sous conditions. Les demandes formulées le 21 avril par Lincoln à Clinton étaient de permettre aux insurgés de sortir de la ville en hissant leur drapeau et en portant leurs armes, mais le général Clinton a refusé, sûr de sa position face à l'avdersaire. Le même jour, les britanniques ont repris les bombardements. 

Le 23 avril, Cornwallis a rejoint les forces assurant le blocus terrestre de Charles Town, après avoir franchi la Cooper River  : le lendemain, des escarmouches lancées par les insurgés contre les britanniques n'ont pas abouti. Poursuivant leur avancée, les britanniques ont atteint les douves le 29 avril et ont détruit le barrage qui retenait l'eau, permettant de draineren partie  la zone et de gagner du terrain, malgré la riposte des rebelles. 

Le 6 mai, presque toute l'eau des douves avait disparu et dès le 7 mai, Fort Moultrie, une fortification côtière de l'estuaire donnant sur l'Atlantique, s'est rendu sans combattre après avoir constaté la supériorité britannique. Cette victoire a permis à Clinton de demander sa reddition inconditionnelle à Lincoln, mais celui-ci a tenté de négocier pour garder l'honneur de son armée. 

Clinton a refusé et fait bombarder et incendier d'autres parties de la ville le 11 mai, puis Lincoln a demandé des pourparlers afin de négocier sa reddition, faisant de ses soldats et miliciens des prisonniers de guerre. Assiégés et sans échappatoire face aux britanniques qui tenaient la rive Est de la Cooper River ainsi que la rive donnant sur l'Ashley River et la flotte ennemie tenant l'estuaire, les rebelles n'ont eu d'autre choix de se rendre, incités partiellement par la colère des habitants. 

Finalement, la reddition a eu lieu le 12 mai avec Lincoln acceptant les termes demandés, voyant 3371 soldats être officiellement faits prisonniers de guerre. Tandis que Lincoln et les officiers supérieurs ont en définitive été échangés contre d'autres officiers britanniques capturés, le reste des soldats continentaux a été en grande partie détenu à bord de bateaux-prisons (2571 captifs) dans le port de Charles Town, où les maladies et la malnutrition allaient faire des ravages.  

Lorsque la nouvelle de la défaite est parvenue à Ninety-Six et à Camden, autres localités proches tenues par des insurgés, celles-ci se sont également rendues. Au total, les britanniques ont capturé 5266 hommes, 311 pièces d'artillerie, 9178 obus d'artillerie, 5916 mousquets, 33 000 munitions, 15 couleurs de régiments, 49 navires, 120 petits bateaux et 4.53 tonnes de poudre noire. 

Pendant les affrontements, les britanniques ont perdu 76 soldats et ont eu 186 blessés, tandis que les rebelles ont perdu 89 hommes, avec 138 blessés. Après la capture de Charles Town, les britanniques ont avancé dans la colonie de Caroline du Sud, renforçant leur emprise dans la région. L'ordre prioritaire de Cornwallis était de garder la cité envers et contre tout, tandis que Clinton libérait les miliciens et les civils sur parole, avec obligation de prêter allégeance au Roi et de se tenir prêts à combattre pour ce dernier s'il les appelait. Une grande partie des libérés n'a pas tenu compte de ces exigences et de nombreux ont déserté.  

Peu après la victoire britannique, des bandes rebelles ont commencé à lancer des embuscades dans la colonie, détruisant ou volant des fournitures ennemies, et passant à tabac les loyalistes, pour lesquels le soutien à la Couronne devenait de plus en plus risqué. 

Le cours de l'histoire verra plus tard Benjamin Lincoln obtenir la reddition de Cornwallis lors du siège de Yorktown en octobre 1781, qui mettra fin à la guerre dans les colonies. 

Cette reddition américaine a été la plus importante de l'histoire militaire du pays jusqu'en 1862 à Harpers Ferry (Virginie-Occidentale).

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