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Les États-Unis d'Amérique

Venez découvrir l'Histoire des États-Unis d'Amérique: géographie, villes, économie, culture, gastronomie, sports...

Raytheon MIM-104

(PAC-2 du 1-1st ADA à l'exercice à Kadena, japon, photo Capt. Adan Cazarez, US Army, 19/10/2017, www.dvidshub.net)

(PAC-2 du 1-1st ADA à l'exercice à Kadena, japon, photo Capt. Adan Cazarez, US Army, 19/10/2017, www.dvidshub.net)

(PAC-3 de l'US Army à Osan, Corée du Sud, photo US Army, 04/10/2006, www4.army.mil, wikipedia)

(PAC-3 de l'US Army à Osan, Corée du Sud, photo US Army, 04/10/2006, www4.army.mil, wikipedia)

Système antiaérien de l'US Army basé au sol, le Raytheon MIM-104 est issu d'un programme lancé au début des années 1970 et qui visait à combiner plusieurs nouvelles technologies en vue de concevoir un outil moderne et efficace contre les aéronefs du bloc de l'URSS. 

Regroupant les programmes Field Army Ballistic Missiles Defense System (FABMDS), Army Air Defense System (AADS) et Surface to Air Missile Development (SAM-D) lancés par Raytheon, le projet de développement du futur système antiaérien a été baptisé Patriot Air Defense Missile System en 1976. L'acronyme Patriot signifiant Phased Array Tracking Radar to Intercept on Target.

Pue avant, courant 1975, le SAM-D a engagé et détruit avec succès un drone dans le polygone d'essais de White Sands (Nouveau-Mexique); considéré comme viable par les autorités, le programme a été accéléré pour le déployer au plus vite, dans un contexte où l'hypothèse d'une attaque aérienne soviétique demeurait envisageable. Ainsi, dès 1976, le financement du développement du système Patriot était assuré et le premiers systèmes sont entrés en service en 1984. 

Initialement conçu comme système antiaérien, le Patriot a été amélioré à partir de 1988 pour le rendre apte à intercepter des missiles balistiques tactiques, sous la désignation de Patriot Advanced Capability 1 (PAC-1) : la mise à jour uniquement logicielle du radar lui a permis de se concentrer davantage sur la recherche des cibles jusqu'à 89° sur l'horizon, contre 25° précédemment, afin d'optimiser les chances d'interception des missiles balistiques lors de leur trajectoire parabolique.

Cependant, cette approche a réduit la portée à laquelle le radar est en mesure de répérer des cibles, ce qui a placé les systèmes PAC-1 dans un rôle de défense aérienne dans une zone plus restreinte, contrairement à la version de base qui étendait sa bulle protectrice contre les menaces aériennes sur une zone plus vaste. Au cours des années 1980, une version a été conçue pour intercepter les roquettes multiples pouvant être lancées par la Corée du Nord contre la Corée du Sud, mais seule cette dernière utilise cette variante du PAC-1. 

L'US Army a mis en service une version spécifique du PAC-1, dédiée à la lutte contre les avions dotés de contre-mesures électroniques engagés à longue distance. Dans les années 1980, alors que la menace soviétique était encore très importante, le MIM-104 a vu une nouvelle version entrer en service : le PAC-2. En 1983, l'US Army s'est lancée dans le développement d'un futur modèle de missile apte à percuter le missile adverse (hit to kill) et a testé le Flexible Lightweight Agile Guided Experiment (FLAGE) en 1984 et 1987.

Alors qu'il était presque certain que le PAC-1 était capable d'intercepter des missiles balistiques tactiques, les autorités n'étaient pas sûres que le missile serait détruit par le MIM-104 : le missile a été modifié au niveau de la charge embarquée, du radar Doppler de recherches, optimisé pour les cibles évoluant à grande vitesse, et le système de contrôle de tir a été repensé pour légèrement décaler (3 à 4 secondes) le tir des MIM-104, afin qu'ils puissent mieux identifier le missile adverse sans le confondre avec un MIM-104 tiré précédemment. Testée courant 1987, la version PAC-2 a été mise en service en 1990, juste à temps pour être déployée dans le golfe. 

Durant ce conflit, le MIM-104 a été chargé d'abattre les missiles sol-sol "Scud" pouvant être lancés par l'Irak de Saddam Hussein contre l'Arabie Saoudite ou contre Israël, en plus de sa mission antiaérienne classique. La première utilisation au combat du Patriot a soulevé des contestations quant à son efficacité réelle, avec notamment un rapport du General Accounting Office (GAO) de 1992 qui déclarait qu'il y avait peu de preuves fermes pour confirmer le succès des MIM-104 contre les "Scud", avec la découverte de seulement quelques débris des missiles irakiens ou de preuves radar confirmant leur destruction en vol dans 9% des cas.

Lors des opérations, le radar de contrôle de tir du Patriot repérait les missiles ennemis à 112 kilomètres de distance et engageait les cibles entre 16 et 32 kilomètres, après qu'une alerte de tir des "Scud" ait été donnée par les satellites de surveillance américains. Le 25 février 1991, un "Scud" irakien a frappé la base saoudienne de Dharan, tuant 28 soldats américains et l'interception tentée par la batterie Patriot à proximité a échoué à cause d'un problème logiciel qui a empêché de calculer une trajectoire correcte pour abattre le missile.

L'efficacité du système durant la guerre du golfe a été estimée à seulement 40% et des améliorations et modernisations ont eu lieu par la suite, avec le retour d'expérience. Parmi les nouveautés du système amélioré figurent un détonateur de proximité plus performant, un système embarqué de recherche d'objectif plus précis et un nez de missile redessiné. 

Pue avant la guerre du golfe, en 1989, l'Extended Range Intercept Technology (ERINT), dérivé des travaux du FLAGE, a vu sa phase de développement s'achever et des essais en vol des prototypes ont eu lieu de 1992 à 1994, pour équiper la future version PAC-3, en partie développée par Lockheed Martin. 

En 1993, l'US Army a déployé une version PAC-2 dont les lanceurs pouvaient être contrôlés à 10 kilomètres de distance du radar, multipliant ainsi la superficie de la zone couverte, passant de 10-20 Km² à 50-100 Km². Courant 1997, les essais en vol du système PAC-3 ont commencé, puis de mars à juin 2000 la production en petite série a été autorisée, avec une première capacité opérationnelle atteinte en 2001, et un déploiement opérationnel en août 2002. 

Grâce à la miniaturisation des composants et a une nouvelle conception des missiles intercepteurs, chaque container installé sur un lanceur pouvant accueillir 4 missiles, au lieu d'1 seul, portant la capacité des PAC-3 à 16 missiles par lanceur contre 4 pour les PAC-2.

Les modifications ont été intégrées au Patriot en 2002, après de nombreux essais, et en ont grandement accru l'efficacité, juste à temps pour son engagement dans l'opération Iraqi Freedom lancée en 2003. Pendant la guerre, le système Patriot a contribué à abattre des missiles sol-sol "Al Samoud 2" (dérivés des "Scud" soviétiques). 

Dans les sables du golfe, le Patriot a été impliqué dans 3 tirs fratricides : l'un contre un avion Tornado britannique, abattu avec son équipage le 23 mars 2003, un autre le 24 mars 2003 impliquant un chasseur F-16 de l'USAF illuminé et poursuivi par le radar du Patriot, obligeant le pilote à tirer un missile antiradar car il pensait que le radar était irakien. Par chance, le missile antiradar a manqué son objectif et aucun blessé n'a été à déplorer; le radar du Patriot a continué de fonctionner mais a été remplacé. Le dernier incident a concerné un F/A-18 de l'US Navy abattu par erreur le 2 avril 2003, tuant son pilote. A noter que l'US Army a déployé des PAC-2 et PAC-3 durant la guerre. 

L'arrivée de la version PAC-3 a grandement amélioré l'efficacité au combat du Patriot, désormais apte à engager des missiles de croisière et des missiles balistiques, en plus des avions et des hélicoptères. En 2009, une version améliorée désignée PAC-3 Missile Segment Enhancement (MSE) a été testée en vol par l'US Army, en vue de quasiment doubler la portée de tir du missile, mais un problème de moteur a conduit à l'échec de l'essai. En février 2010, le PAC-3 MSE a réussi à abattre un missile balistique lors d'essais en vol, avec 2 missiles utilisés pour abattre la cible. Courant 2014, le PAC-3 MSE a été autorisé pour une production à faible cadence, avec une commande initiale de 336 missiles (y compris pour quelques alliés) en 2015, dont les livraisons ont débuté en 2018, et il a atteint sa capacité opérationnelle initiale en 2016. 

En 2018, la production en série du PAC-3 MSE a été autorisée par le Congrès : peu avant en 2016, en l'US Army a pu passer commande de 263 missiles (dont plusieurs pour les alliés) et les livraisons ont débuté en 2020. En 2017, une autre commande de 418 PAC-3 MSE a été passée, et les livraisons ont débuté fin 2020 (incluant des missiles pour les alliés), puis en 2018 une autre commande de 454 missiles a été attribuée à Lockheed Martin, les livraisons devant débuter fin 2021 et une nouvelle commande de 384 missiles a été faite en 2019, avec des livraisons prévues fin 2022.

Le système de batterie Patriot comprend 1 station de contrôle de tir AN/MSQ-4, 1 véhicule générateur d'électricité, 1 radar tracté AN/MPQ-53 (PAC-2) ou AN/MPQ-65 (PAC-3) ou AN/MPQ65A (PAC-3 MSE) monté sur remorque, 1 véhicule de commandement, 1 véhicule de communications avec grandes antennes, et 2 à 4 lanceurs M901, 1 camion de rechargement des missiles et 1 camion de maintenance, représentant un total de 70 à 90 soldats par batterie de tir. Montée sur camions HEMTT et MTV, la batterie Patriot dispose d'une grande mobilité et d'une bonne autonomie.

En plus de l'US Army, qui dispose de 483 PAC-2/PAC-3, le système Patriot a été exporté en Allemagne, Arabie Saoudite, Corée du Sud, aux Émirats Arabes Unis, en Espagne, Grèce, Israël, au Japon, au Koweït, au Maroc, aux Pays-Bas, en Pologne, au Qatar, en Roumanie, en Suède, et à Taïwan.

Caractéristiques

Le système lanceur M901 comprend 4 containers longs de 6.10 mètres, larges de 1.09 mètre et hauts de 99 centimètres, pouvant embarquer 4 missiles (PAC-2) à 16 missiles (PAC-3); à vide le M901 pèse 794 Kg. Chargé avec des missiles PAC-2 le M901 pèse 6.80 tonnes et avec des PAC-3 il atteint 8.41 tonnes.

Lorsqu'il est en configuration camion et remorque, le lanceur Patriot PAC-2 pèse au total 37.19 tonnes, pour une longueur de 17.06 mètres, une largeur de 2.87 mètres et une hauteur de 3.99 mètres. Le PAC-3 quant à lui voit la configuration camion et remorque peser au total 24.29 tonnes, pour 10.26 mètres de long, 2.87 mètres de large et 3.99 mètres de haut.

Les missiles PAC-2 mesurent 5.80 mètres de long, un diamètre de 41 centimètres, pèsent 912 Kg, ont une portée de 70 kilomètres et vont jusqu'à une altitude de 24 200 mètres, avec une vitesse maximale de Mach 4; il emporte une charge explosive à fragmentation de 90 Kg. Pour maximiser les chances de succès, les missiles sont tirés à intervalles de 3-4 secondes. 

La version PAC-3 mesure 5.20 mètres de long, pour 25 centimètres de diamètre et pèse 312 Kg; elle possède une manœuvrabilité très supérieure à celle du PAC-3, lui permettant de bien mieux corriger sa trajectoire pour aller percuter l'objectif grâce à sa tête chercheuse embarquée développée par Boeing. 

Le véhicule de communications dispose de 4 grandes antennes télescopiques montées par paire sur des mâts (Antenna Mast Group, AMG) pouvant atteindre 30.48 mètres de hauteur; le camion utilisé pour transporter cet ensemble pèse 16.86 tonnes, pour 10.71 mètres de long, 2.52 mètres de large et 3.58 mètres de haut.

La remorque et le camion M983 utilisés pour tracter le radar AN/MPQ-65 pèsent au total 35.48 tonnes, pour 17 mètres de long, 2.90 mètres de large et 3.61 mètres de haut. Le radar a une portée de 100 kilomètres et peut détecter et poursuivre 100 objectifs, et il peut fournir les données de guidage pour 9 missiles intercepteurs.

L'ensemble camion M977 et générateurs électriques pèse au total 27.17 tonnes, pour 10.18 mètres de long, 2.59 mètres de large et 3.43 mètres de haut. La station de contrôle de tir et d'engagement AN/MSQ-104 ainsi que son camion, pèsent 17.13 tonnes, pour 9.78 mètres de long, 2.73 mètres de large et 3.63 mètres de large.

Le véhicule de maintenance et sa remorque mesurent 14.04 mètres de long, 2.49 mètres de large et 3.48 mètres de haut, pour un poids total de 17.86 tonnes.

(Camion et lanceur PAC-2)

(Camion et lanceur PAC-2)

(Lanceur PAC-2)

(Lanceur PAC-2)

(Radar AN/MPQ-65)

(Radar AN/MPQ-65)

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