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Les États-Unis d'Amérique

Venez découvrir l'Histoire des États-Unis d'Amérique: géographie, villes, économie, culture, gastronomie, sports...

La Boston Tea Party

(Image Rue des Archives/Granger NYC, www.lefigaro.fr)

(Image Rue des Archives/Granger NYC, www.lefigaro.fr)

Nous sommes le 16 décembre 1773, dans le port de Boston (Massachusetts) et un groupe d'une soixantaine de Bostoniens, nommés les Fils de la Liberté et rebelles à la Couronne britannique, va faire basculer le destin de la future nation américaine en se révoltant contre le Parlement anglais et ses lois fiscales contestées. 

Pour comprendre l'origine de cette colère, il faut remonter à la période de la guerre de Sept Ans (1756-1763), qui a opposé principalement le Royaume-Uni au Royaume de France, y compris dans leurs possessions américaines respectives. Endetté par la guerre, qui avait complètement vidé les caisses de la Couronne britannique, le roi George III a alors décidé d'accroître fortement les diverses taxes commerciales à l'encontre des colonies nord-américaines, mettant les colons à contribution pour renflouer le trésor anglais, ainsi que pour financer les troupes britanniques installées dans les colonies. 

La décision d'imposer les colons alors que ces derniers n'étaient pas représentés au Parlement britannique, a soulevé des protestations : en 1764, la métropole a imposé le Sugar Act, peu appliqué en réalité (bien qu'il ait pénalisé le commerce des 13 colonies avec les Antilles, les Açores et Madère), puis  en 1765, le Stamp Act, qui obligeait tout document officiel, permis, contrats, journal, testaments, livre set cartes à jouer à porter un timbre fiscal. Cette loi a rapporté £ 3292 à la Couronne entre 1765 et 1766, année où elle a finalement été supprimée. 

Pour faire face à son besoin d'argent, le Royaume-Uni a tenté d'appliquer les Townshend Acts, loi votée en 1767 et sensée rapporter £ 40 000 par an pour financer l'administration coloniale, en taxant les importations coloniales de papier, de verre, de peinture et de thé, sauf le thé anglais qui bénéficiait d'une détaxe à son arrivée en Amérique. 

Les Townshend Acts ont provoqué une importante réprobation des colons, amenant les meneurs de ces derniers à boycotter le thé chinois vendu par la Compagnie anglaise des Indes Orientales, à l'initiative de John Hancock, qui a fait passer les ventes de 145 000 kg par an à 240 kg ! Le mécontentement des habitants de Boston a atteint son paroxysme lors du tragique massacre de Boston, durant lequel 9 soldats anglais, harcelés par la foule, ont perdu le contrôle de la situation et tué 5 civils et blessé 6 autres, le 5 mars 1770. 

En mai 1773, le Parlement a voté le Tea Act, octroyant l'exonération de taxes pour la Compagnie anglaises des Indes Orientales (alors très endettée) pour la vente de thé aux colonies américaines, rendant son produit moins cher que ses concurrents et provoquant la ruine de nombreux marchands et la colère des colons face à ce monopole.

A New York, des affiches critiquant la Compagnie anglaise des Indes Orientales et militant pour les libertés commerciales américaines ont été placardées, renforçant le sentiment de révolte contre le Tea Act. Un boycott de la Compagnie a été organisé par John Dickinson, contraignant 1 navire, 1 autre à Philadelphie et 1 autre à Charleston à repartir pour l'Angleterre avec leurs cargaisons de thé. 

Le port de Boston accueillait alors 3 navires de la Compagnie, et le gouverneur britannique Thomas Hutchinson leur avait interdit de quitter le port sans décharger leurs cargaisons : cette tentative d'imposer l'arrivée du thé a galvanisé la colère des colons qui ont donc décidé de passer à l'action tout en mobilisant la population. A l'initiative de Samuel Adams, une vaste assemblée publique a réuni entre 5000 et 7000 personnes (sur les 16 000 de la ville), à l'Old South Meeting House, pour protester contre la présence des navires et le refus du gouverneur de les laisser partir avec leur cargaison : l'obstination de Thomas Huchinson

Ainsi, informés que 3 navires marchands de la Compagnie étaient encore dans le port de Boston, près de 60 bostoniens (dont Paul Revere et Samuel Adams), membres du groupe secret des Fils de la Liberté, ont grimpé à bord des navires Dartmouth, Eleanor et Beaver, déguisés en amérindiens de la tribu des Mohawks. En quelques heures, dans la soirée du 16 décembre 1773, ils ont jeté par dessus bord un total de 342 caisses de thé, presque 40 tonnes, soit l'équivalent de 18 523 000 tasses et d'une valeur totale de £ 10 000 (près de $ 1 700 000 actuels), une fortune à l'époque. En avril 1774, un événement similaire s'est produit dans le port de New York : la New York Tea Party.

En réaction, le Parlement britannique a voté les Coercitives Acts en 1774, lois répressives qui ont notamment fait que le conseil de la colonie du Massachusetts serait désormais choisi par le Roi, que les officiers seraient nommés par le gouverneur et que les réunions municipales seraient soumises à autorisation; en outre, il était possible que le gouverneur décide d'envoyer le procès d'un colon au Royaume-Uni, et les soldats avaient le droit de réquisitionner des maisons vides. Enfin, le port de Boston a été fermé jusqu'à ce que le préjudice causé par l'émeute soit remboursé : comme le port était la principale voie d'approvisionnement des habitants de la colonie, d'autres colonies sympathisantes ont été solidaires avec les colons du Massachussetts, en leur envoyant des vivres et des biens. Les Coercitives Acts ont joué un rôle prépondérant dans les velléités d'indépendance des colonies, conduisant ainsi progressivement à la Révolution Américaine, puis la guerre d'Indépendance.

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