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Les États-Unis d'Amérique

Venez découvrir l'Histoire des États-Unis d'Amérique: géographie, villes, économie, culture, gastronomie, sports...

Prise de Fort Ticonderoga

(Fort Ticonderoga, photo Mwanner, 06/05/2009, wikipedia)

(Fort Ticonderoga, photo Mwanner, 06/05/2009, wikipedia)

Important événement du début de la guerre d'Indépendance, la capture par les milices américaines du fort britannique de Fort Ticonderoga, ancienne fortification française, a eu lieu le 10 mai 1775, dans la continuité des premiers engagements de Lexington et Concord, en avril 1775.

Place forte d'origine française située au Sud du lac Champlain, dans la colonie française du Canada (actuel État de New York), fort Carillon a été bâti à partir de 1755 pour protéger le territoire de la Nouvelle-France d'éventuelles attaques britanniques. Entouré d'eau sur 3 côtés et d'un marécage sur le quatrième, l'endroit a été choisi car il permettait de contrôler la pointe Sud du lac Champlain et l'accès à la vallée de l'Hudson. 

Capturé par les britanniques en 1759, après les batailles des 26 et 27 juillet, fort Carillon a été renommé Fort Ticonderoga après que 11 000 soldats britanniques soient venus à bout des 400 français qui occupaient le fort et qui avaient reçu l'ordre de tenir le plus longtemps et d'abandonner le fort, pour rejoindre les autres forces françaises à Québec et à Montréal. Un groupe de 40 éclaireurs français, qui supposait que fort Carillon était toujours tenu par les français, a été capturé le 28 juillet, constituant les seules pertes françaises.

Par la suite, au cours de la guerre de Sept ans, les britanniques ont pris le contrôle du Canada et ont renforcé leurs positions, notamment à fort Ticonderoga, tout en gardant leurs colonies sur la façade Atlantique des futurs États-Unis.

Après les premiers combats opposant britanniques et miliciens et patriotes américains, ces derniers ont montré un vif intérêt pour cette place forte, qui abritait des pièces d'artillerie qui manquaient aux insurgés (canons, obusiers, mortiers) et qui permettait de contrôler l'accès au lac Champlain. Moins entretenu par les britanniques après la prise de contrôle du Canada, le fort était occupé par un petit détachement, composé de 2 officiers et 46 soldats, ainsi que 25 femmes et enfants. 

Prenant conscience de la vulnérabilité potentielle du fort, partiellement abandonné, le général britannique Thomas Gage, commandant en chef ces armées britanniques en Amérique du Nord, s'est rendu compte de la nécessité de faire renforcer cette position. Retranché dans Boston, alors assiégée par les rebelles, Gage a contacté le gouverneur du Québec, le général Guy Carleton et lui a demandé de réhabiliter et refortifier Ticonderoga, mais le temps que la missive parvienne à Carleton, le fort avait été capturé par les patriotes. 

En effet, le général patriote (et futur traître) Benedict Arnold connaissait bien la région autour du fort, ainsi que son état et souligne auprès de la milice que le fort est vulnérable et peut être pris pour soutenir la cause patriote. Autorisé à mener une action secrète, Arnold a été autorisé à recruter jusqu'à 400 hommes, tout en prenant possession de chevaux, de munitions et de vivres; apprenant que le chef rebelle Ethan Allen a pris la tête d'une centaine de miliciens des Green Mountain Boys (des provinces du New Hampshire et de New York), Arnold a chevauché à toute allure pour aller à la rencontre d'Allen à Bennington, son quartier général, où il est arrivé le 7 mai. Ce dernier était déjà en route à Castleton, à 80 kilomètres au Nord, et Arnold l'a rejoint le 8 mai dans la journée, conscient que les miliciens ne voulaient servir que sous Allen. Un hypothétique arrangement aurait été trouvé entre Arnold, qui revendiquait l'autorité de l'assaut, conférée par la milice du Massachusetts, et Allen, mais aucune preuve n'est venue étayer ce possible arrangement. 

Le 10 mai, après avoir obtenu des renseignements par le capitaine Noah Phelps, déguisé en colporteur, les miliciens ont appris que les murs du fort étaient délabrés, que les soldats manquaient de munitions et qu'ils attendaient des renforts. Profitant de cette faiblesse manifeste dans la défense adverse, les miliciens ont lancé l'attaque et sont parvenus à prendre le fort, tenu par seulement 48 soldats, opposés à 83 patriotes, commandés par Allen et Arnold (d'après lui). Par miracle, aucune perte humaine n'a eu lieu dans aucun des deux camps et la capture du fort a permis aux insurgés de couper les lignes de communication britanniques, de saisir des armes et des munitions précieuses et d'offrir une position stratégique aux patriotes pour leur campagne dans le Canada. 

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