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Les États-Unis d'Amérique

Venez découvrir l'Histoire des États-Unis d'Amérique: géographie, villes, économie, culture, gastronomie, sports...

Colonie de Virginie

(Sceau de la colonie de Virginie à l'époque de Georges III, image wikipedia)

(Sceau de la colonie de Virginie à l'époque de Georges III, image wikipedia)

(Localisation de la colonie, image wikipedia)

(Localisation de la colonie, image wikipedia)

Origines de la colonie

Première des 13 colonies d'origine, la colonie de Virginie trouve ses origines en 1606, quand le roi Jacques 1er d'Angleterre a fondé la Virginia Company, avec pour but de coloniser la côte Est de l'Amérique du Nord : il a octroyé une charte autorisant la Virginia Cy of London compagnie à établir des colonies entre le 34ème et le 41ème parallèle, et la Virginia Cy of Plymouth a été autorisée à s'établir entre le 38ème et le 45ème parallèle. Les deux compagnies ont été autorisées à créer des autorités locales, mais le pouvoir législatif demeurait pour le roi.

Courant 1607, après 4 mois et demi de traversée, la VC of London a créé Jamestown (en l'honneur du roi) près de la James River, avec environ 104 hommes et garçons, et la VC of Plymouth a fondé Popham (dans l'actuel État du Maine), avec près de 120 colons, mais l'a abandonnée en 1608, puis cette compagnie a cessé ses activités en 1609 et cédé ses terres à sa concurrente. Sur les 104 colons arrivés en mai 1607 à Jamestown, il n'en restait que 38 en décembre.

Le capitaine John Smith, colon anglais de Jamestown aurait été capturé en 1607 par des amérindiens Powhatans et aurait été sauvé in extremis par Pocahontas, la jeune fille du chef; en 1608 Smith a pris la tête de Jamestown et a contraint les amérindiens à livrer de la nourriture aux colons. Les premiers colons ont subi de très fortes pressions de la part de la compagnie, qui cherchait à faire un maximum de profit rapidement : ne trouvant ni or ni pierres précieuses dans le territoire de la colonie, les colons ont alors cultivé du tabac, brassé de la bière et fait du goudron, mais ces activités les empêchaient de commercer, ce qui déplaisait à la compagnie. Courant 1609, 7 navires et 500 colons ont été envoyés en Virginie, mais seuls 6 navires et 400 colons sont arrivés, ces derniers étant souvent trop malades pour travailler.

D'octobre 1609 à mars 1610, la famine et les épidémies ont fait chuter la population de colons de 500 à 60. En mai 1610, l'arrivée du gouverneur Sir Thomas West a conduit à la première guerre ouverte contre les amérindiens, à une période où la colonie était encore fragile. De 1610 à 1614, les affrontements ont été fréquents et les colons ont fait preuve d'une grande brutalité contre les amérindiens (destruction des champs, incendie des villages, décapitations, viols), et ces derniers ont infligé des pertes aux colons en représailles. Tandis que le territoire contrôlé par les colons a commencé à s'étendre le long de la rivière, des tribus ont été détruites et d'autres ont été dispersées, mais les combats ont empêché les colons de travailler efficacement, même si les premières exportations de tabac ont pu avoir lieu. Ainsi, il en a été exporté pour 2500 Livres en 1614 et à force d'efforts et de main d'œuvre, ce montant a atteint 500 000 Livres en 1627.

Une colonie en difficultés

Trop sollicités, fatigués et mal nourris, de nombreux colons ont perdu la vie, créant une mauvaise publicité pour la Virginia Cy, dont les espérances financières n'ont pas été atteintes et qui a été exposée à des poursuites judiciaires lancées par des personnes qui avaient souscrit des parts dans la colonie. Pour essayer de rester ouverte, la compagnie s'est lancée dans une stratégie "marketing" pour promouvoir l'intérêt de la colonisation, dans une approche patriotique et non pour les richesses immédiates : elle a fait publier des articles flatteurs dans des journaux, placardé des affiches et même demandé aux prêtres de parler des vertus de la colonisation dans leurs sermons.  

Malgré ces efforts, la colonie de Virginie n'a pas permis à la Virginia Company de rembourser ses investisseurs en argent, ce qui l'a poussée à le faire sous la forme d'octroi de vastes terrains à partir de 1616. En 1617, elle a mis en place la vente directe de terrains pour les colons, qui payaient également leur transport en bateau et acceptaient de travailler quelque temps sur les terres du propriétaire.

Légère amélioration et tensions

Cette approche a permis de progressivement améliorer la situation dans la colonie, (qui a vu arriver 14 000 colons entre 1607 et 1622) et pour accroître la production locale de tabac, il a été fait appel aux premiers esclaves africains qui sont arrivés en Virginie en 1619. La même année, la colonie s'est dotée de sa première assemblée, appelée Home of Burgesses (Chambre des Bourgeois), qui était composée de 22 députés. 

Avec l'accroissement de la population coloniale, la Virginie a vu apparaître les petits villages de Kecoughtan, James City, Charles City et Henrico City en 1619, précédés par la création des comtés de James City et Henrico en 1617.

Courant 1621, la compagnie est presque en faillite, et en 1622, les amérindiens ont lancé des attaques sur les colonies, tuant près de 25% des colons (350 personnes). Des pourparlers de paix ont été organisés en 1623 avec les chefs amérindiens, durant lesquels le gouverneur Francis Wyatt a fait empoisonner le vin qui leur était offert en signe d'amitié, tuant la plupart d'entre eux.  

Après ces déboires, le roi a finalement modifié la charte et transformé la Virginie en colonie royale en 1624, avec un gouverneur à sa tête, installé dans la capitale Jamestown. Par ailleurs, le roi a divisé le grand territoire de la colonie de Virginie en 1624, créant la colonie du Maryland et la Province de Caroline. En 1625 et 1627, des pénuries de poudre ont permis aux amérindiens d'avoir un répit et de se regrouper, mais dès l'été 1627, leurs villages sont à nouveaux brûlés par les colons. 

Au fil des ans, la population a augmenté et de nouveaux territoires ont été explorés et colonisés, à travers de petits villages : pour protéger les pêcheurs et les fermiers, une longue palissade de 9.7 kilomètres a été construite vers 1634, améliorant fortement la défense des colons. La même année, les autorités coloniales ont établi les comtés de Charles City, Isle of Wight, Northampton et York, étendant d'autant l'emprise britannique sur le territoire.

Guerre et révolution anglaise

En 1644, après 12 ans de "paix" relative, les Powhatans ont repris les combats, tuant plus de 500 anglais, mais en parallèle, la population de ces derniers avait fortement augmenté (plus de 10 400), entraînant en représailles un déferlement de violence de la part des colons, ravageant tout sur leur passage et construisant 3 forts en février 1645, puis un 4ème en mars 1646, leur permettant alors de contrôler toute la région et d'obtenir la même année la reddition des tribus et leur soumission au roi d'Angleterre.

Au moment de la guerre civile anglaise (1642-1651) entre Parlementaires et royalistes, la colonie de Virginie a vu son gouverneur William Berkeley ouvrir en grand la colonie aux royalistes désireux de s'y installer, ce qui a fortement augmenté la population entre 1640 et 1650, avec une augmentation de 79.4%.  Resté fidèle à la Couronne, Berkeley a été démis de ses fonctions par le Conseil d'État britannique, qui a décidé d'envoyer en 1651 une expédition de 15 navires pour reprendre la colonie royaliste, mais seuls 4 sont arrivés après qu'une tempête ait eu lieu. En 1652, la colonie a obtenu le pardon de ses actions passées en l'échange de sa reddition, et Berkeley a même eu le droit d'aller voir l'ancien roi Charles II, alors en exil, pour expliquer les raisons de sa reddition. 

Il faudra attendre 1660 pour que Berkeley redevienne gouverneur, après la restauration anglaise qui a vu Charles II reprendre le pouvoir; à partir de cette période, les esclaves noirs, alors peu nombreux dans la colonie ont vu leur nombre augmenter à mesure que de nouvelles plantations de tabac ouvraient : ils étaient 300 en 1649, puis 2000 en 1671, 3000 en 1680, 6000 en 1700 et 10 000 en 1704. En 1662, la loi virginienne sur l'esclavage a stipulé que tout esclave ne peut donner naissance qu'à des esclaves. 

En remerciement pour leur soutien, le roi Charles II a offert des terres en Virginie à ceux qui l'avaient aidé à retrouver le pouvoir, face à Olivier Cromwell, ce qui a provoqué de la colère auprès des pionniers de Virginie, qui avaient du payer leurs terres ou travailler pour les gagner.

Première rébellion

L'arrivée de ces nouveaux colons a eu lieu à une période où l'agriculture était en difficultés et où les colons implantés sur la Frontière avec les amérindiens subissaient de fréquentes attaques de ces derniers. En 1676, l'élu Nathaniel Bacon, membre de la Chambre des Bourgeois, voulait que le gouverneur Berkeley lance une offensive contre les amérindiens, mais ce dernier a accusé Bacon de rébellion et l'a fait emprisonner, provoquant l'arrivée de 2000 colons à Jamestown en soutien de Bacon.    

Par crainte d'une soulèvement plus important Berkeley fait libérer Bacon en échange de sa promesse de repentance publique, mais il s'échappe et reforme ses milices pour harceler et attaquer les amérindiens, allant jusqu'à critiquer les impôts injustes, la mainmise de l'administration sur le commerce des fourrures et l'abandon des fermiers face aux amérindiens. En septembre 1676, Bacon et ses troupes ont incendié Jamestown, et le gouverneur Berkeley a du prendre la fuite, mais en octobre 1676, Bacon est mort de dysenterie et la rébellion a vite été matée par Thomas Grantham, arrivé avec son navire de 30 canons pour ramener l'ordre. L'Assemblée de Virginie a fait pendre 23 chefs rebelles, mais a amnistié la plupart des Blancs, s'acharnant en revanche sur les Noirs.

Après le retour au calme, de nouveaux colons protestants sont arrivés et sont venus s'installer dans le Piedmont, sur les terres pauvres de l'Ouest de la colonie; en 1680, le droit de lever une milice publique a été reconnu par les élus locaux. La société qui se construisait alors comprenant de riches planteurs esclavagistes, des Blancs sans esclaves, des noirs affranchis, des métis et des agriculteurs, tous aux intérêts différents. Le pouvoir de la métropole a de nouveau connu des changements en 1688, lorsque le roi catholique Jacques II a été renversé par des parlementaires protestants, appuyés par les souverains hollandais William et Marie, qui l'ont remplacé à partir de 1689.

Ce bouleversement en métropole a eu des conséquences similaires dans les colonies, où les protestants de Virginie se sont proclamés maîtres de la région et ont gardé le pouvoir jusqu'en 1692. Le révérend et leader religieux protestant de la colonie James Blair est allé à Londres en 1693 et a obtenu l'accord du roi William et de la reine Marie pour créer une université, baptisée College of William & Mary, la seconde plus ancienne institution de ce type aux États-Unis (après Harvard, fondée en 1636). L'université a été ouverte dans la ville de Williamsburg (alors nommée Middle Plantation) et elle avait pour objectifs d'éduquer les fils des planteurs ainsi que certains amérindiens. 

Un incendie accidentel a brûlé une nouvelle fois le bâtiment de l'Assemblée de Virginie à Jamestown en 1698, amenant des étudiants de l'université William & Mary a suggérer de déplacer la capitale, ce qui sera chose faite en 1699, à Williamsburg, nommée ainsi en l'honneur du roi.

Parallèlement au déplacement de la capitale coloniale, l'expansion de la culture du tabac a fortement contribué à voir les riches planteurs jouer un rôle économique et politique important; dans certains secteurs de la colonie, jusqu'à 70% des terres étaient possédées par quelques familles seulement, dont celle de George Washington. Avec l'amélioration des techniques agricoles et des infrastructures il a été possible de réduire progressivement la mortalité et les maladies, avec également un taux de natalité plus élevé à partir de 1700.  Courant 1716, le gouverneur de la Virginie Alexander Spotswood a pris la tête d'une expédition d'exploration des Blue Ridge Mountains, avec 50 hommes et 74 chevaux, pour promouvoir l'immobilier et repérer des itinéraires.

Dans les années 1730, le gouverneur de la colonie, William Gouch, a fait la promotion de la colonisation de l'intérieur des terres, afin de faire de la colonie un point d'ancrage plus conséquent face aux possessions françaises  dans l'Ohio voisin : courant 1745, la région de la vallée de la Shenandonah comptait 10 000 habitants. En 1749, la couronne britannique a octroyé à la compagnie virginienne Ohio Company (installée dans l'actuel Ohio) des droits sur ces terres, en échange de leur colonisation par des britanniques pour contrer les français. Le jeune major George Washington a été engagé dans plusieurs combats contre les français à partir de 1753, dont la guerre a cessé en 1763 avec une victoire britannique et la prise de nombreux territoires. 

Vers la Révolution

Cette guerre contre la France a vidé les caisses du royaume britannique, qui a commencé à lever de nouveaux impôts dans les colonies, tels que le Sugar Act en 1764 et le Stamp Act en 1765; l'assemblée générale de Virginie s'est en partie opposée à ces taxes, soulignant que les colons britanniques n'étaient pas représentés au Parlement. Cependant, le roi Georges III et le Parlement ont fait la sourde oreille, et après avoir retiré quelques taxes ils en ont imposé de nouvelles; l'absence de dialogue et de représentation des colons auprès du roi a provoqué de plus en plus de contestation, de colère et de sentiments révolutionnaires pour une partie des habitants des colonies, conduisant progressivement à la Révolution Américaine.

Évolution de la population (1630-1770)

Année Population
1630 2500
1640 10 442
1650 18 731
1660 27 020
1670 35 309
1680 43 596
1690 53 046
1700 58 560
1710 78 281
1720 87 757
1730 114 000
1740 180 440
1750 231 033
1760 339 726
1770 447 016
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