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Les États-Unis d'Amérique

Venez découvrir l'Histoire des États-Unis d'Amérique: géographie, villes, économie, culture, gastronomie, sports...

Boeing AH-64

(AH-64 D du 1-3rd Avn Rgt en exercice en Géorgie, Europe, photo Sgt Kris Bonet, US Army Europe, 11/08/2018, www.flickr.com)

(AH-64 D du 1-3rd Avn Rgt en exercice en Géorgie, Europe, photo Sgt Kris Bonet, US Army Europe, 11/08/2018, www.flickr.com)

Pendant la guerre Froide, l'US Army craignait l’Armée Rouge qui alignait des milliers de chars et de blindés, amassés le long des frontières de l’Europe de l’ouest, sur laquelle ils auraient pu déferler par la plaine de la Fulda (Allemagne) notamment. Conscients de leur infériorité numérique dans le domaine des chars et blindés, les stratèges du Pentagone ont formulé leur besoin concernant une voilure tournante suffisamment puissante et protégée, capable de neutraliser ou détruire n’importe quel type de blindé ou de char d’assaut.

Un concours a été lancé, dans lequel Bell, Boeing, Hughes, Sikorsky et Lockheed se sont impliqués, autour de propositions variées ; en 1973, l’US Department of Defense a sélectionné Bell et Hughes, démarrant la première phase de la compétition. Chaque constructeur a fabriqué un prototype et lui a fait effectuer un programme d’essais en vol, celui de Hughes débutant, le 30 septembre 1975, celui de Bell, le 1er octobre de cette même année.

A la suite de nombreux tests et évaluations, le modèle de Hughes, nommé YAH64A, a été sélectionné en 1976, considéré comme plus sûr au niveau du rotor principal quadripales, plus apte à encaisser les dommages au combat. Trois appareils de présérie ont ensuite été assemblés, pour mener à bien un important programme de tests et d’intégration de systèmes de combat de nouvelle génération, dont le redoutable missile antichars AGM-114 « Hellfire ». Le modèle de départ a rapidement vu sa motorisation augmentée, et l’appareil a été baptisé « Apache » en 1981, perpétuant la tradition américaine de donner le nom d’une tribu indienne à un hélicoptère de l’US Army.

Le premier appareil de série est sorti d’usine en 1983, à Mesa (Arizona), fabriqué par McDonnell Douglas (qui a racheté Hughes en 1984) et Boeing ; en 1982, la production en série a été autorisée et en avril 1986, une unité d’entraînement de la base de Fort Hood (Texas), a reçu ses premières machines, puis 68 appareils ont été dépêchés en Europe en 1987, pour prendre part à de grandes manœuvres. Pour se donner un ordre de grandeur de la puissance de l'AH-64, un bataillon composé de 18 appareils emporte 288 missiles antichars AGM-114, chacun capable de détruire un blindé.

Le premier engagement opérationnel est intervenu à Panama, en 1989, lors de l’opération « Just Cause », 6 AH-64 ont opéré principalement de nuit, et démontré ses qualités ; à peine un an plus tard, près de 270 AH-64A ont été déployés en Arabie Saoudite, en réponse à l’invasion irakienne du Koweït. Lors de ce massif déploiement, un total de 500 chars, 120 blindés, 120 pièces d’artillerie, 30 batteries de DCA et 20 avions au sol a été détruit, révélant la redoutable et mortelle efficacité de cette machine, dont un seul appareil a été perdu au combat, l’équipage s’en sortant indemne grâce à la conception de l’hélicoptère.  

Peu avant leur déploiement massif dans les sables du désert saoudien, les AH-64 ont vu leur constructeur démarrer un ambitieux programme de modernisation de l'électronique embarquée, notamment pour le contrôle de tir, et en août 1990, le développement de l'AH-64 D a été autorisé par le Pentagone. Un premier prototype a volé en 1992, et la phase des essais s'est achevée en 1995, révélant que le modèle D avait 7 fois plus de chances de survie au combat et qu'il était 4 fois plus mortel que son prédécesseur. Le 13 octobre 1995, la production en série de l'AH-64 D a été approuvée, et en août 1996, le DOD a autorisé le rétrofit de 232 AH-64 A en modèle D. 

Engagés dans les Balkans, au cours du milieu des années quatre-vingt-dix, puis en 1999, où des problèmes liés à l’entraînement (pas d’équipage qualifié pour le vol de nuit) et à l’alourdissement des équipements, ont nécessité 550 vols de C-17 pour acheminer 24 AH-64 et leurs équipements, les AH-64 ont été cloués au sol, par crainte de devoir aller récupérer des équipages en territoire ennemi. Malgré ces déboires, l’AH-64 a retrouvé sa pleine efficacité lors de l’invasion américaine de l’Afghanistan, en 2001, en offrant un puissant appui-feu aux troupes amies au sol ; constamment modernisé, l’AH-64 a par la suite été utilisé lors de l’opération « Iraqi Freedom », en 2003, au cours de laquelle 31 appareils furent endommagés, mais rapidement réparés ; suite à cette invasion, 27 AH-64 ont été perdus entre 2003 et 2010, dont 17 par tirs ennemis.

En 2012, la variante AH-64 E est apparue, avec la capacité de contrôler des drones légers, de partager des informations en temps réel avec d'autres équipements amis, ainsi qu'avec de nouvelles pales en matériaux composites, une propulsion plus puissante, un train d'atterrissage plus robuste, une vitesse plus élevée et une capacité d'emport accrue. Courant 2014, l'AH-64 a vu ses capacités maritimes être renforcées, pour soutenir la bascule des forces vers le Pacifique et appuyer le redéploiement des forces.

En 2018 l’US Army dispose de 503 AH-64 D et 233 AH-64 E dans son parc, répartis entre l’Army National Guard, l’Army Reserve et l’armée d’active.

Caractéristiques

Biplace d’attaque au sol, de lutte antichars et d’appui-feu, le Boeing AH-64 présente une longueur de 15.06 mètres, une hauteur de 3.84 mètres, et affiche une masse à vide de 5.16 tonnes, pour une masse maximale au décollage de 9.52 tonnes.

Puissamment motorisé par 2 turbines General Electric T-700GE-701 de 1890 Cv (modèle D) ou 2 T-700GE-701D de 1994 Cv chacune (version E), il possède un rotor à quatre pales blindées, résistants aux impacts de 23 mm, ainsi qu’un rotor anti couple aux mêmes performances. Sa vitesse maximale est de l’ordre de 293 Km/h, pour une vitesse de croisière de 265 Km/h, avec un rayon d’action au combat de 480 kilomètres, ou une distance franchissable maximale de 1900 kilomètres.

Le domaine des capteurs électroniques est essentiellement regroupé dans la tourelle du nez de l’appareil, dans laquelle sont installés un système d’acquisition et de désignation de cibles, et un système de vision de nuit et infrarouge ; le premier possède des systèmes optiques pouvant effectuer des grossissements de 3.5 à 16 fois, ainsi qu’un télémètre-désignateur laser, et un équipement de poursuite à laser, pour trouver l’objectif désigné par un laser ami. Ces systèmes de vision sont également intégrés aux casques du pilote et du copilote, qui peuvent, par simple rotation de la tête, pointer automatiquement les capteurs de bord et désigner la cible à atteindre, pour le missile, qui bénéficie de données de navigation, de météorologie, d’altitude ou de distance, pour lui offrir un maximum de chances de succès ; la version « D » possède un GPS et un radar de mât (« Longbow »), placé au-dessus du rotor principal, et permettant à l’appareil de repérer ses cibles sans s’exposer, en restant en embuscade.

Une tourelle de contre-mesures infrarouges ALQ-144 est montée à l’arrière du rotor principal, et combine son action avec des leurres thermiques et des paillettes, lancés depuis des boîtes placées le long de la queue ; en outre, pour réduire la signature thermique de l’appareil, des systèmes de refroidissement et d’atténuation des gaz d’échappement sont montés à la sortie des turbines.

L’habitacle de l’AH-64 place l’équipage en tandem, avec le siège arrière surélevé, pour avoir un meilleur champ visuel, avec une vitre blindée entre les deux personnels, et installe l’équipage dans des sièges anticrash blindés, renforcés par le blindage du plancher, de la verrière, des pare-brise, et des côtés de l’habitacle.

L’armement s’appuie sur un redoutable canon M-230 de 30 mm, monté dans une tourelle rotative placée sous le cockpit, et alimenté par 1200 obus perforants à l’uranium appauvri, ainsi que par diverses charges, montées sous les moignons d’ailes de l’hélicoptère, où 4 pylônes sont fixés. Ainsi, un total de 16 missiles antichars AGM-114 peut être réparti par groupe de 4, pour la lutte antichar, ou bien, 38 roquettes de 70 mm, installées dans des paniers de lancement, et 8 missiles AGM-114 (8 kilomètres de portée). Dans sa version antiaérienne (rare), l'AH-64 peut être armé de 4 missiles air-air AIM-9 ou FIM-92 et une campagne d'essais utilisant un laser a été lancée récemment. 

Ainsi, il est envisageable dans le futur de voir l'AH-64 E recevoir un armement laser pour détruire les moyens de communications adverses. 

Forme de l'AH-64 D

Boeing AH-64Boeing AH-64Boeing AH-64
(AH-64 de la 1st Cavalry Division à l'exercice en A. Saoudite, photo de Sgt Harley Jelis, NY ARNG, 12/04/2014, www.flickr.com)

(AH-64 de la 1st Cavalry Division à l'exercice en A. Saoudite, photo de Sgt Harley Jelis, NY ARNG, 12/04/2014, www.flickr.com)

(Missiles AGM-114 et panier à roquettes de l'AH-64, photo de Clemens Vasters from Viersen, Germany, 22/07/2012, www.flickr.com, wikipedia)

(Missiles AGM-114 et panier à roquettes de l'AH-64, photo de Clemens Vasters from Viersen, Germany, 22/07/2012, www.flickr.com, wikipedia)

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