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Les États-Unis d'Amérique

Venez découvrir l'Histoire des États-Unis d'Amérique: géographie, villes, économie, culture, gastronomie...

Les États-Unis quittent l'accord sur le nucléaire iranien

(Photo www.lemonde.fr)

(Photo www.lemonde.fr)

Dans une allocution officielle intervenant plus tôt que prévu dans le mois de mai, le président Donald Trump a annoncé la sortie des États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien, conclu en 2015 entre l'Iran, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Russie, la Chine et les États-Unis.

Ce dernier visait à empêcher l'Iran de développer l'arme atomique et de représenter une menace régionale importante, mais ne convenait pas au président Trump, dans la mesure où l'Iran pouvait continuer à développer son arsenal balistique et que les contrôles de ses centrifugeuses (essentielles au développement de l'arme atomique) étaient l'objet de contrôle moins stricts que nécessaire.

Fidèle à sa promesse de campagne, et malgré la récente tentative du président français Emmanuel Macron de le dissuader de se retirer de l'accord, Donald Trump a donc officialisé le départ des États-Unis le 8 mai 2018.

Attisant les tensions avec la République islamique d'Iran, dont le guide suprême avait accepté l'accord, alors qu'une partie des ultra-conservateurs le dénonçait et déclarait que les États-Unis n'étaient pas dignes de confiance. Paradoxalement, alors que le retrait américain va s'accompagner de nouvelles sanctions "très dures" selon Trump (elles restent encore à définier et à s'appliquer), l'annonce du président américain va conforter les ultra-conservateurs iraniens et les Gardiens de la Révolution, et ainsi déstabiliser le pays.

Pays jeune, avec près de 50% des habitants âgés de 35 ans, et en quête de libertés, l'Iran pourrait connaître des troubles et potentiellement une révolte, si les sanctions s'appliquent durement, du moins c'est l'espoir secret des États-Unis, mais la répression policière actuelle en Iran pourrait empêcher une rébellion.

Le régime iranien a pour l'heure exprimé son souhait de continuer l'accord avec les Européens, les russes et les chinois, mais les mesures de rétorsion économique qui vont prochainement s'appliquer de la part des États-Unis vont contraindre ces pays à annuler des contrats commerciaux, alors même que l'Iran est en difficultés économiques. La question demeure quant à l'efficacité réelle de ces sanctions, qui risquent d'ailleurs d'amener une partie de la population, les trouvant injustes, à se rallier au pouvoir, alors même que ce dernier est autoritaire. Après la déclaration américain, le président Hassan Rohani a déclaré que l'Iran pourrait recommencer à enrichir davantage d'uranium si les autres partenaires de l'accord le quittent. 

De leur côté, Israël et l'Arabie Saoudite se sont félicités du retrait américain de l'accord : le premier en raison de sa crainte d'être ciblé par d'éventuels missiles iraniens lancés depuis la Syrie voisine, voire de l'Iran, et la seconde en raison de différends religieux (l'Iran est chiite et l'Arabie Saoudite est sunnite) et économiques (le pétrole surtout).

Considéré par Washington comme une puissance maléfique, l'Iran est fortement suspecté de financer et de former des groupes terroristes au Proche et Moyen-Orient, et soutient notamment le Hezbollah libanais, lui aussi hostile à Israël. 

Il est envisageable que les tensions régionales s'accroissent à nouveau et que les alliés des États-Unis envisagent de nouveaux achats d'armements, au profit de ces derniers, avec dans le cas saoudien, des avantages tarifaires concernant le pétrole.  

L'annonce américaine va aussi accroître les tensions avec les européens, déjà contrariés par le départ des États-Unis des accords sur le climat conclus en 2015 et par de possibles taxes sur l'acier et l'aluminium en provenance d'Europe.

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