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Les États-Unis d'Amérique

Venez découvrir l'Histoire des États-Unis d'Amérique: géographie, villes, économie, culture, gastronomie, sports...

Boeing B-52 H

(B-52 H en vol, photo de Master Sgt Lance Cheung, USAF, 09/02/2006, www.flickr.com)

(B-52 H en vol, photo de Master Sgt Lance Cheung, USAF, 09/02/2006, www.flickr.com)

(B-52 H à Davis Monthan AFB, AZ, photo de Master Sgt Greg Steele, USAF, 13/02/2015, www.flickr.com)

(B-52 H à Davis Monthan AFB, AZ, photo de Master Sgt Greg Steele, USAF, 13/02/2015, www.flickr.com)

Entré en service pendant les années cinquante, le B-52 demeure en activité dans l’US Air Force, où il a bénéficié de très nombreux programmes de modernisation et de remises à niveau.

A l’époque de sa conception, l’US Army Air Force souhaitait remplacer ses vieux bombardiers à moteurs à piston, par des appareils équipés de turbopropulseurs ou de turboréacteurs ; la firme Boeing remporta le contrat initial d’études en juin 1945, avec son projet Model 462, pourvu de six turbopropulseurs Wright Typhoon. Les travaux de recherches évoluant favorablement, un nouveau concept fit son apparition en 1946, seulement sur papier, et le projet fut abandonné en 1948, pour des raisons d’hostilité de la part des dirigeants de la Navy et du commandant du Strategic Air Command.

Cependant, le blocus perpétré par les Soviétiques à Berlin en juin 1948 changea la donne, et sauva l’avion de l’oubli : l’US Air Force demandant alors à Boeing de réaliser deux prototypes de son nouveau bombardier pour 1951. Après de considérables efforts, le bureau d’études se prononça pour l’installation de turboréacteurs, groupés deux par deux dans quatre nacelles de voilure ; dès que cette suggestion fut approuvée par les partenaires concernés, Boeing se concentra alors sur les réacteurs et la conception générale de l’appareil. Ainsi, vers la fin de l’année 1950, l’appareil fut en phase d’assemblage, pour une sortie d’usine du premier prototype le 29 novembre 1951, sous le code XB-52.

Le second prototype, code YB-52, fut le premier à voler, le 15 avril 1952, et présentait des caractéristiques uniques pour l’époque, avec une masse au décollage de 183 tonnes, et plus de 147.000 litres de carburant en réserve maximale. Initialement conçu pour un bombardier exclusivement nucléaire, l’appareil a, par la suite, été modifié pour effectuer des missions de bombardements conventionnels ; répondant efficacement aux attentes de l’US Air Force, et grâce à des essais passés sans encombre, le B-52 a rapidement été commandé par le Pentagone, pour une entrée en service en 1955.

Différentes versions de l’appareil ont été développées : le B-52 B, première version à entre en service, voit des modification d’avionique et de motorisation par rapport au prototype ; le B-52 C connaît une augmentation de sa charge en carburant, ainsi qu’un revêtement ventral destiné à réfléchir les radiations nucléaires ; le B-52 D, conçu pour le bombardement conventionnel, est engagé au Vietnam ; le modèle « F » se caractérise par une nouvelle motorisation (Pratt & Whitney J-57) ; la version « G » dispose d’une nouvelle voilure, à plus grande capacité en carburant, et le radôme de nez est rallongé ; enfin, le modèle « H », dernier né de la série, reprend la même silhouette générale que le « G », mais change de moteurs (Pratt & Whitney TF-33), qui sont plus performants et moins gourmands en carburant, les contremesures et l’avionique sont mis à jour, un nouveau système de contrôle de tir est installé, et la mitrailleuse de queue est remplacé par un canon automatique M-61 Vulcan de 20 mm (il vole pour la première fois le 10 juillet 1960), et demeure actuellement en service.  

Intensément utilisé lors de la guerre du Vietnam, le B-52 a littéralement tapissé de milliers de tonnes de bombes cette région d’Asie, mais les premiers équipages étant trop jeunes et mal formés, les campagnes initiales de bombardement n’ont pas eu le succès espéré ; cependant, la prolongation de la durée du conflit a entraîné de meilleures réactions des équipages, qui ont matraqué sans relâche le dispositif nord-vietnamien, non sans pertes : 30 appareils sont perdus pendant le conflit, dont 10 abattus par la défense antiaérienne ennemie. Le départ des derniers B-52 d’Asie du sud-est est intervenu peu après le 15 août 1973, date de la dernière opération offensive de l’appareil au Vietnam.

Pendant la guerre Froide, les B-52 opèrent en alerte continue 24 heures sur 24, prêts à déverser le feu nucléaire sur l’Union Soviétique, dans l’hypothèse d’un conflit majeur ; toutefois, la chute de l’ancienne puissance Soviétique, en 1991, et les accords de désarmement qui en suivirent, ont entraîné l’élimination de nombreux B-52 (365 en tout), cette dernière étant vérifiée par satellite et par du personnel russe au sol.

Engagés au combat au-dessus de l’Irak (1991), pendant « Tempête du désert », les 80 B-52 déployés ont largué à eux seuls, près de 40% des bombes larguées sur l’Irak, tout en n’occasionnant aucune perte au combat dans leurs rangs ; dépêché en ex-Yougoslavie (1999), le B-52 a aussi été employé au-dessus de l’Afghanistan (2001), où il fit déferler une formidable puissance de feu sur les Talibans, puis à nouveau en Irak (2003), lors de l’invasion américaine du pays.

L’énorme puissance de feu, et l’impact psychologique qu’elle génère, font du B-52 un outil stratégique de premier plan pour les États-Unis, qui garderont les 76 B-52 H en service dans l'US Air Force jusqu’en 2040, après modernisation.  

Caractéristiques

Présentant une silhouette élancée, longue de 48.50 mètres, pour une hauteur de 12.40 mètres et une envergure de 56.40 mètres, le B-52 est un énorme appareil, propulsé par 8 moteurs à réaction Pratt & Whitney TF-33, installés par paires sous les ailes.

Ses propulseurs permettent au B-52 H d’atteindre une altitude de 18.150 mètres, avec une vitesse de 955 Km/h, ou bien évoluer au niveau de la mer à 675 Km/h, lors de missions de pénétration à basse altitude, ou de patrouille maritime (2 B-52 peuvent, à eux seuls, surveiller 364 000 Km² d’océan en 2 heures).

Son train d’atterrissage peut être orienté à 20° par rapport à l’axe de l’avion, lors de posés par vent de travers, ce qui augmente la sécurité lors de ce type de manœuvre.

L’électronique embarquée compte un système électro-optique de vision AN/ASQ-151, associant une caméra infrarouge et une caméra à faible luminosité, installées dans le nez de l’avion, un altimètre radar, un radar de suivi de terrain, un radar de navigation Doppler, un radar de navigation inertiel AN/ASN-131, un calculateur de tir AN/ASQ-38, une suite de contre-mesures électroniques, comportant un brouilleur AN/ALQ-172, un détecteur de radar AN/ALR-20, un radar de surveillance arrière (installé dans la queue), et des éjecteurs de leurres et de paillettes, pour contrer une attaque. Par ailleurs, il emporte aussi un système d’identification ami/ennemi, un système de communications par satellite, et un système GPS.

L’armement de l’appareil est impressionnant : transporté en soutes ou sous les ailes, voire même les deux simultanément, le B-52 affiche une capacité d’emport en munitions de 31.50 tonnes. Différentes configurations sont possibles :  Bombardement conventionnel : 84 bombes Mk-82 (227 Kg), en soute, et 24 sous voilure.  Lutte antinavire : 12 missiles AGM-84 « Harpoon » sous les ailes. 

L’équipage se compose de 5 personnes, dont un pilote et un copilote, installés à l’avant, un spécialiste des systèmes de défense, à l’arrière de ces derniers, et deux spécialistes du bombardement, sur le pont inférieur ; en cas de danger, l’équipage peut évacuer l’avion par des trappes de secours. 

(Panoplie d'armes pouvant être emportées par le B-52 H, photo de Robert Sullivan, 07/08/2017, www.flickr.com)

(Panoplie d'armes pouvant être emportées par le B-52 H, photo de Robert Sullivan, 07/08/2017, www.flickr.com)

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