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Les États-Unis d'Amérique

Les États-Unis d'Amérique

Venez découvrir l'Histoire des États-Unis d'Amérique: géographie, villes, économie, culture, gastronomie, sports...

La Liberté éclairant le monde (Statue de la Liberté)

(Statue de la Liberté, photo de Eldar Kamalov, 15/10/2006, wikipédia)

(Statue de la Liberté, photo de Eldar Kamalov, 15/10/2006, wikipédia)

Symbole national mondialement connu situé à proximité de la ville de New York City, la Statue de la Liberté (de son vrai nom La Liberté éclairant le monde) est un cadeau du peuple français au peuple américain. Elle relève du National Park Service. 

Origine de la Statue

Ce monument trouve ses origines en une idée du sculpteur français Auguste Bartholdi, appuyé par l'homme politique français Édouard de Laboulaye, républicain pro-américain.

A l'occasion d'un dîner clandestin à Glatigny (Versailles) le 21 avril 1865, Laboulaye convie d'influents hommes politiques et l'alsacien Barthodli, qui venait de sculpter un buste pour Laboulaye : durant ce dîner, tenu officiellement pour célébrer la victoire de l'Union lors de la guerre de Sécession, les convives sont émus de l'assassinat du président américain Abraham Lincoln survenu le 15 avril 1865.

La mode des statues avait alors cours et c'est en 1865, durant une soirée de levée de fonds au profit de la veuve de Lincoln, que Bartholdi a  l'idée de concevoir une statue : en effet, après avoir été impressionné par les statues des Colosses de Memnon, lors d'un voyage au canal de Suez en 1855, Bartholdi propose en 1867 au vice-roi d'Égypte Ismaïl Pacha de créer une statue colossale à l'entrée du canal de Suez.

Faute de fonds, le projet est abandonné mais l'idée demeure dans l'esprit de Bartholdi, qui confectionne une première ébauche miniature et en terre cuite en 1870, avec l'espoir de la développer et de tenter de la proposer aux États-Unis, dans une autre version, avec la ville de New York pour site d'accueil.

La même année, la France perd la guerre contre la Prusse et lui cède l'Alsace-Lorraine en mai 1871, suscitant une certaine sympathie des États-Unis pour les allemands, dont la population était alors importante outre-Atlantique. Cependant, le 8 juin 1871, Bartholdi part pour les États-Unis avec une lettre d'introduction de Laboulaye, pour une période de 5 mois, avec pour objectif de gagner des partisans pour la réalisation de la statue.

Financer le projet

Après avoir fait des repérages et sélectionné l'île de Bedloe's Island, dans le port de New York, Bartholdi rencontre le président Ulysse S. Grant le 18 juillet 1871 à New York, pour lui exposer son projet. Ensuite, il organise un dîner de levée de fonds auprès de riches républicains américains, dans un club très sélect, et les informe du coût de la sculpture : $ 125 000, pour le piédestal à la charge des américains, et $ 125 000 pour la statue à la charge des français. 

Peu enthousiastes au projet, les hommes d'affaires américains proposent d'apposer le nom de leur compagnie sur la future statue, en échange de leur participation, mais Bartholdi refuse et rentre en France sans argent. 

A son retour en métropole, Bartholdi lance une campagne de levée de fonds à l'automne 1875, sous le contrôle du Comité de l'Union Franco-Américaine, créé par Édouard de Laboulaye. Différents moyens sont employés pour appeler aux dons : spectacles, articles dans la presse, banquets, loteries, etc. 

Grâce aux fonds levés, et après avoir opté pour un revêtement en cuivre, avec une structure métallique d'acier pour charpente, conçue par Gustave Eiffel (qui succède à Viollet Le Duc, mort en 1879), Bartholdi démarre la construction dans les ateliers Eiffel, dans les Hauts de Seine, ainsi que dans des installations parisiennes.

Le choix du cuivre nécessite d'acquérir 300 feuilles de cuivre d'1 mètre sur 3 mètres, fabriquées à la main, mais rapidement le manque d'ouvriers et d'artisans est devenu un problème, en raison des difficultés de financement. Pour essayer de sauver son projet, Bartholdi se concentre alors sur la construction du bras tenant la torche, partie la plus symbolique de la statue, et fait exposer cet élément à Philadelphie (Pennsylvanie) en septembre 1876, durant l'exposition universelle.

Chaque américain peut alors monter par une échelle au balcon situé autour de la torche, moyennant 50 cents, permettant de poursuivre les travaux; grâce à l'aide du journaliste Joseph Pulitzer, propriétaire du journal New York World, une grande campagne de levée de fonds est lancée à travers la presse, rendant alors la poursuite du projet envisageable, après de sérieuses difficultés financières et la menace d'un arrêt définitif.

L'accord américain pour l'installation sur Bedloe's Island (rebaptisée Liberty Island en 1956) est officialisé par le président Grant le 3 mars 1877, après avoir obtenu l'accord du Congrès pour préparer le site et accepter la statue quand la France la présenterait. 

En France, la tête de la statue est présentée sur le Champ de Mars à Paris en 1878, lors de l'exposition universelle de Paris et permet aussi de récolter de l'argent.

(Le bras de la statue à Philadelphie, 1876, photo wikipédia)

(Le bras de la statue à Philadelphie, 1876, photo wikipédia)

(Tête de la statue sur le Champs de Mars, photo de Albert Fernique, 1883, www.flickr.com)

(Tête de la statue sur le Champs de Mars, photo de Albert Fernique, 1883, www.flickr.com)

La construction

Lors des précédentes négociations, Bartholdi a demandé aux américains de construire un immense socle pour la statue (réalisé par l'architecte américain Richard Morris Hunt), et son financement a été grandement facilité par l'intervention de Pulitzer. 

Ce socle est alors construit progressivement sur l'ancien fort de Fort Wood,sur l'île de Bedloe's, qui était un bastion d'artillerie en étoile à 11 branches, construit en granite. La première pierre du piédestal est posée le 5 août 1884, avec une copie de la Déclaration d'Indépendance américaine. 

Le piédestal est se compose de murs de 6 mètres d'épaisseur, recouverts de granite rose venu du Connecticut : l'édification a lieu du 9 octobre 1883 au 22 août 1886. Une fois le socle terminé, avec notamment 2 séries de poutres verticales, les maçons prirent des pièces d'argent dans leurs poches et les jetèrent dans le mortier.  

(Piédestal, photo www.archfoundation.org, wikipédia)

(Piédestal, photo www.archfoundation.org, wikipédia)

Parallèlement à la construction du socle, Bartholdi entame le rassemblement des différents éléments de la statue rue de Chazelles à Paris, de 1881 à 1884, et commence à monter la statue, qui est achevée le 4 juillet 1884. 

En février 1885, son démontage commence et elle prend place dans 210 caisses avec 350 pièces, à bord de la frégate française l'Isère, qui appareille depuis le port du Havre et traverse l'Atlantique, avec un retard provoqué par une tempête, et arrive dans le port de New York le 17 juin 1885. 

Les travaux de montage de la statue se déroulent durant 4 mois : les différentes pièces sont jointes par des rivets et elle est inaugurée le 20 octobre 1886. Cette inauguration a lieu en présence du président américain Grover Cleveland, de 600 invités et de milliers de spectateurs, mais sans Noirs, femmes, ni même Pulitzer, d'origine juive. 

La France est alors représentée par le vice-président du Sénat Frédéric Desmons, ainsi que par plusieurs franc-maçons. 

Caractéristiques

Haute de 46.05 mètres sans le socle, et de 92.99 mètres avec, la Statue de la Liberté possède une main de 5 mètres, avec un index de 2.44 mètres et une tête de 4.40 mètres de haut pour 3.05 mètres de large, avec un nez long d'1.48 mètre. 

Le bras droit mesure 12.80 mètres de long, la couronne compte 7 branches, dont la plus longue mesure 3.50 mètres, ainsi que 25 fenêtres, et elle tient une tablette haute de 7.19 mètres et large de 4.14 mètres, dans laquelle est gravée en chiffres romains "4 juillet 1776".

D'une masse totale de 225 tonnes, elle compte 354 marches pour accéder à la couronne, et sa torche peut bouger de 12 à 13 cm par vent de 80 Km/h. 

A l'entrée de la statue, au niveau du socle, est exposé un poème d'Emma Lazarus, intitulé "The New Colossus" (Le nouveau colosse) datant de 1883 et dont la plaque en bronze a été ajoutée en 1903 : 

Garde, Vieux Monde, tes fastes d'un autre âge 

Donne-moi tes pauvres, tees exténués

Qui en rangs serrés aspirent à vivre libres, 

Le rebut de tes rivages surpeuplés,

Envoie-les moi, les déshérités, que la tempête m'apporte, 

J'élève ma lumière et j'éclaire la porte d'or !

Du 19ème siècle à aujourd'hui

Peu après son inauguration et son ouverture au public, la statue de la Liberté a servi de phare au port de New York de 1886 à 1902, avec un gardien qui lui était assigné, afin de faire fonctionner le faisceau, visible à 39 kilomètres. 

La statue a été sévèrement endommagée le 30 juillet 1916, lorsqu'un espion œuvrant pour l'Allemagne a fait exploser un dépôt de munitions à Jersey City (New Jersey), provoquant une onde de choc qui a brisé les vitres sur une distance de 40 kilomètres, avec une puissance estimée à 5.5 sur l'échelle de Richter (!).

Sur la trajectoire de l'onde de choc, la statue a vu son accès être interdit pendant 10 jours après l'explosion, et l'édifice a perdu une centaine de rivets et a vu son bras et sa torche être endommagés. Un montant de $ 100 000 a été nécessaire pour la réparer (environ $ 2 000 000 actuels), mais l'accès au bras et à la troche est resté interdit.

En 1924, le président Calvin Coolidge la proclame Monument National, puis en 1933, le président Theodore Roosevelt transfert son administration au National Park Service (NPS). En 1937, après le départ de l'armée de l'île, celle-ci est totalement contrôlée par le NPS, qui effectue des modifications et détruit les anciens bâtiments. La statue est fermée au public de mai à décembre 1938.

Durant la Seconde Guerre mondiale, elle demeure ouverte au public, mais sa lumière est éteinte la nuit, par mesure de sécurité; le 6 juin 1944, elle émet le code morse correspondant à "Victoire".

Après la victoire en Europe le 8 mai 1945, la statue s'illumine à nouveau le soir, et en 16, l'île de Bedloe's Island reçoit le nom de Liberty Island de la part du Congrès; à partir de 1957, la statue est éclairée chaque nuit et pendant toute la nuit. 

En 1965, le site voisin d'Ellis Island (bureau de l'immigration ouvert de 1892 à 1954) devient un monument national où est retracée l'immigration à destination des États-Unis et passant par New York, correspondant à 12 millions d'immigrants sur cette période. 

Courant 1976, un nouveau phare puissant est installé, et le 4 juillet 1776, pour célébrer le bicentenaire de l'indépendance, une immense régate a lieu dans le port, conclue par un majestueux feu d'artifice.

A l'occasion des 100 ans de la statue, en 1986, des ingénieurs français et américains l'ont passée en revue, après qu'un rapport de 1982 préconise des réparations, en particulier pour le bras droit, pas correctement rattaché au reste du monument. Lors de coups de vent, un jour se dévoilait à la jonction du bras et du buste, mettant en péril l'intégrité de la structure. 

En 1982, le président Ronald Reagan a annoncé la formation d'une commission pour la restauration de la statue, sous le contrôle du président de Chrysler, Lee Lacocca ; en outre, la société American Express s'est associée au projet en 1983 en proposant que pour chaque transaction bancaire réglée par AmEx, 1 cent aille à la levée de fonds pour les travaux. Cette campagne a permis de récolter $ 1 700 000.

Courant 1984, la statue est fermée au public pour démarrer les travaux, entourée d'un échafaudage qui la masque entièrement : la charpente interne a été refaite en acier inoxydable, la structure a été renforcée, la rouille a été retirée et un traitement anti-rouille moderne a été appliqué. Pour préserver la santé des ouvriers, ces derniers portaient des combinaisons et des masques respiratoires, en raison de l'étroitesse de l'ouvrage et des poussières dangereuses.

La torche et sa flemme ont été restaurées par des français et le flambeau a été recouvert de pellicules d'or 24 carats, avec des lampes placées sur les bord du balcon qui entoure la torche. L'ancienne torche a été démontée et placée dans le musée situé dans le hall de la structure. 

A la fin des travaux, la statue a été rouverte à partir du 3 juillet 1986, la veille de son centenaire, et à cette occasion le site a été l'objet du "Liberty Weekend", avec 4 jours de festivités, notamment en présence du président Reagan et du président français François Mitterrand, mais aussi de célébrités telles que Steven Spielberg, Gene Kelly ou Gregory Peck. 

Finalement, après une grande régate, un feu d'artifice et des concerts (y compris à Central Park, dans New York), la statue est redevenue accessible au public dès le 6 juillet 1986.

Depuis, les régulières navettes des ferrys amènent quotidiennement des centaines de visiteurs, qui peuvent accéder par groupes de 20 à 30 personnes à l'intérieur de la statue. Un ascenseur pour personnes à mobilité réduite est présent pour accéder au piédestal, mais l'escalier en colimaçon à l'intérieur de la statue est un obstacle infranchissable. 

L'orientation de la tête de la statue ne permet pas de voir la skyline de New York, mais uniquement le port de New York, puisque le choix de Bartholdi était que la tête de la statue regarde vers la France, donc à l'Est.

Grande attraction touristique, la statue a cependant été fermée au public au lendemain des funestes attentats du 11 Septembre 2001, et à la fin de cette année, seul l'accès à l'île était autorisé, par crainte qu'un terroriste ne prote atteinte au piédestal ou à la statue elle-même. 

Il faudra attendre 2004 pour que le piédestal soit rouvert au public, avec un accès au musée qu'il abrite et à son socle de 10 étages; l'ensemble des visiteurs est contrôlé au départ des embarcadères de la même manière que dans les aéroports.

Le 4 juillet 2009, c'est au tour de l'intérieur de la statue d'être à nouveau accessible au public, pour une durée de 2 ans, après laquelle des travaux sont prévus. Du 29 octobre 2011 au 28 octobre 2012, la statue est fermée pour travaux, avec notamment l'installation de nouveaux ascenseurs et la rénovation d'équipements, dont les toilettes.

Après le passage de l'ouragan Sandy sur New York et sa région en octobre 2012, bien que la statue n'ait pas été endommagée, l'île d'Ellis Island a subi des dégâts et le NPS annonce que les 2 îles seraient fermées au public, le temps que des réparations soient réalisées, notamment au quai d'amarrage. Un générateur électrique a été installé sur Liberty Island pour pouvoir éclairer la statue la nuit, en raison du manque d'électricité lié à l'ouragan. 

Le 4 juillet 2013, la statue est de nouveau ouverte au public, et Ellis Island l'est en octobre; le blocage budgétaire d'octobre 2013 a contraint Liberty Island à la fermeture durant plusieurs jours.  Le 7 octobre 2016 a débuté le chantier d'un nouveau musée de 2400 m², destiné à accueillir tous les visiteurs de l'île (au lieu des 20% que l'actuel musée peut recevoir) ; son coût est de $ 70 000 000 et il ouvrira en 2019.

Fréquentation de 2008 à 2016

AnnéeVisiteurs
20083 560 000
20093 830 000
20103 830 000
20113 750 000
20123 030 000
20131 880 000
20144 200 000
20154 280 000
20164 500 000

Pour visiter la Statue de la liberté 

www.statueoflibertytickets.com 

(Vue aérienne de la statue, photo Don Ramey Logan Jr, 14/12/2014, wikipédia)

(Vue aérienne de la statue, photo Don Ramey Logan Jr, 14/12/2014, wikipédia)

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